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773 000, c’est le nombre de décès prévus d’ici à 2049 en France contre 610 000 en 2018 (source de l’Insee). Une hausse significative qui montre que le marché funéraire a bien de beaux jours devant lui. Mais il est encore difficile pour les entreprises spécialisées de faire la promotion et la communication des services post-mortem sans choquer l’opinion publique à l’heure où la mort reste un des derniers grands tabous en France. Pourtant, on peut remarquer que le secteur des pompes funèbres bouge, qu’il évolue et qu’il tend petit à petit à se moderniser et à innover. Entre le boom de l’e-funéraire, l’innovation technologique et bien d’autres, voyons les « nouvelles tendances » du marketing funéraire.

L’e-funéraire, la nouvelle « mode »

Comme nos modes de vie, le secteur des pompes funèbres au sens large du terme change. Et la plus grande mutation qu’il connaît est l’essor du e-funéraire. Le marché très conservateur s’ouvre ainsi au monde numérique.

Les plaques tombales et cercueils à la carte

Le numérique fait aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien et les pompes funèbres se sont elles aussi lancées à la conquête du web en offrant leurs services en ligne. Il existe désormais des boutiques virtuelles qui proposent un grand nombre de tombes, d’urnes, de plaques tombales très classiques ou plus modernes, le produit phare du moment est la plaque plexiglas transparent. Comme dans un magasin physique, les modèles des articles sont personnalisables en quelques clics : photos, textes, motifs, matière, capiton, plaque identité, etc.

Les « cagnottes obsèques »

Sur le principe du financement participatif, les cagnottes obsèques en ligne connaissent un immense succès. Le coût des funérailles étant élevé (4 500 € en moyenne), de nombreuses familles ont recours à ce service rapide et sécurisé. C’est aussi un moyen pratique de récolter les dons des proches qui souhaitent rendre un dernier hommage au défunt (pour l’achat d’une plaque ou de fleurs) ou soutenir financièrement la famille.

La commémoration en ligne

Comme une pierre tombale virtuelle, il est aujourd’hui possible de célébrer une personne disparue et de se recueillir en ligne. Ces lieux de mémoire en ligne sont des sites internet, comme des espaces de partage, sur lesquels la famille, les amis et les proches qui y ont accès peuvent poster du contenu (photographies, vidéos, textes, etc.). L’accès peut être limité à certaines personnes ou être ouvert à tous via les paramètres de confidentialité. Certains de ses services donnent même la possibilité d’allumer des bougies virtuelles ou encore de créer des journaux de vie.

Le QR Code des pierres tombales

S’ils ne sont pas encore près de détrôner les plaques mortuaires, les QR Code font petit à petit leurs places dans le monde funéraire. Une fois scannés, ces codes-barres permettent d’accéder à un site en ligne de mémoire qui contient une sorte de biographie du défunt sous forme de vidéos, de photos ou de textes. Le principe est simple : les clients doivent acheter auprès d’une entreprise spécialisée le médaillon avec le code barre ainsi que l’espace en ligne puis écrire et publier ce qu’ils désirent.

L’innovation post-mortem

Le marché mortuaire change et n’est plus aussi conservateur qu’avant : 39 % de crémation en 2020 contre 10 % en 1994, recul des cérémonies religieuses et grand engouement pour les cérémonies laïques, etc. Les professionnels du secteur funéraire doivent donc évoluer et proposer de nouveaux services plus dans l’air du temps.

Les cercueils en carton

L’écologie est aujourd’hui au centre des discussions et des préoccupations. Alors, pour être respectueux de l’environnement jusqu’à la mort, il est possible de choisir un cercueil en carton. Plus écologiques et économiques (en moyenne 2 fois moins cher qu’un cercueil classique), ils s’utilisent pour les inhumations comme pour les crémations. Ils sont faits à partir de carton recyclé, assemblés par pliage et collés avec des colles de pommes de terre et d’amidon de maïs. Comme les cercueils classiques ils peuvent être personnalisés : dessin, motif ou texte peuvent être ajoutés ou écrits à la main directement sur le carton. Ils sont beaucoup plus légers, mais tout aussi résistants qu’un cercueil en bois (capacité de 90 à 200 kg).

Dispersion des cendres en drone

L’idée est unique en France : une société de pompes funèbres propose depuis 2019 la dispersion des cendres par drone dans la baie du Mont Saint-Michel. Jean de Montgolfier, de la famille des inventeurs de la montgolfière et ancien pilote, a créé son entreprise située sur la baie du Mont Saint-Michel qui propose de disperser les cendres en mer grâce à un petit drone. Après plusieurs années d’étude et de recherche, la machine est désormais capable de supporter le poids des cendres et de les déverser lentement, tel un sablier, en quelques minutes. La famille et les proches ont la possibilité de suivre la dispersion en vidéo grâce à une caméra fixée sur le drone et de conserver le film. Un adieu qui a tout de même un coût : compter 590 à 840 € pour le dernier vol de sa vie.

Les coopératives funéraires

Le secteur funéraire change, jusqu’aux acteurs. En effet, aux côtés des pompes funèbres traditionnelles, des coopératives funéraires voient de plus en plus le jour. Plus éthiques, solidaires, plus à l’écoute, moins intéressées et coûteuses, les coopératives sont gérées par des associations, des salariés ou des particuliers. Elles accompagnent, conseillent et éclairent les familles sur les différents choix funéraires (cercueil, musique, accessoires, etc.).

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